Daniel Allemann


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Daniel Allemann met en scène les processus de la résilience(1). Il conçoit les tableaux contenus dans ces emboîtages de plexiglas (ArTfacTbox) comme des blocs de tensions dynamiques qui ont  transcendé les meurtrissures de la matière.

Si Daniel Allemann privilégie la couleur pure, c’est parce qu’il la considère comme un être animé de vie, précisant : «Pour peu qu’on sorte des schémas préformatés, qui mieux que la couleur pure revenue de ses perturbations peut véritablement donner à ressentir le coeur qui bat au centre du cosmos, là où se crée la substantialité même de la vie ? » .

Un autre élément que promeut l’artiste avec ses boîtes, c’est la modularité : « Comme notre cerveau qui se compose de boîtes, de boîtes plus ou moins modulables selon les individus, plus ou moins résilientes selon les vécus, mes ArTfacTbox se déclinent en polyptiques. Mettez-en dix les unes à côté des autres et vous aurez un tableau que vous pourrez moduler à volonté en déplaçant ou en remplaçant les boîtes selon la météo de votre esprit ».

Quant au concept de résilience(1), s’il se révèle omniprésent, c’est, précise Daniel Allemann «  parce que les forces engendrées peuvent contribuer à ouvrir les espaces paradisiaques que l’homme porte en lui. Et chaque ouverture engendre une nouvelle ouverture(2).

Prenez des villes décimées par les éléments, les forces de résiliences peuvent les faire redevenir des endroits où il fait bon vivre. Ce phénomène permet au « principe du vivant » de renouer contact avec l’environnement. Il en va de même pour mes tableaux. Après le feu, les perturbations, les chocs, les chahutements, ils offrent à voir la germination de nouvelles formes de vie ». 

Ainsi, le spectateur s’identifiant au tableau deviendra nomade en résilience. Sortant des vieilles trames pour s’ouvrir au plus-que-soi, il contribuera à rendre la vie plus entraînante. Il aura alors remplacé la peur et le doute par l’émerveillement.

René Clairicia

(1)  La résilience est d’abord un constat  :  des chocs aboutissant à des situations apparemment destructrices peuvent se révéler in fine salutaires. De plus :

a – Elle est une mise en garde, aussi : toutes les théories sur les aléas du développement de la vie ne peuvent pas expliquer sur un plan singulier l’aventure individuelle. Il demeure une part d’imprévisible, d’indicible qui dépasse connaissances et théories. 

b – Elle est un message d’espoir, également : le traumatisme, la crise ou le choc, au moment où ils apparaissent sont perturbants. Ils sont souvent suivis d’un mouvement fécond dans leur évolution, à condition de ne pas vouloir le réprimer.

c – Elle est en outre un rappel des forces et des limites qui habitent la vie : il faut savoir reconnaître avec humilité que nos anticipations, telles que plans d’interventions, ou autres pronostics, ne forment que des hypothèses à l’issue incertaine.

d – Elle est bien entendu également porteuse d’un dynamisme. La matière, telle que l’homme, qui subit un choc, qui semble sombrer à un moment donné mais qui s’écoute au-dessous du seuil de la conscience, génère de nouvelles forces d’action, de rêves et de réalisations concrètes.

e – Elle transmet un message paradoxal, enfin : on ne peut pas toujours faire l’économie d’un traumatisme et c’est parfois après lui qu’émergent de nouveaux possibles, demeurés jusqu’alors à l’état latent et inconnu.

(2) L’on peut faire ici référence à l’effet papillon. 

# ArTfacTbOx #